Biodiversité
Campagne africaine pour les forêts du Congo...
http://www.naturavox.fr/Campagne-africaine-pour-les-forets-du-Congo.html
Les forêts tropicales du bassin du fleuve Congo, deuxièmes plus importantes forêts anciennes après l’Amazonie sont aujourd’hui en grand danger. L’occasion pour Greenpeace de rappeler que l’avenir de notre climat se joue aussi en Afrique.
En cause notamment, l’exploitation souvent illégale du bois qui engendre la destruction de la faune et de la flore. À ce rythme, en 2050, la forêt y aura complètement disparu ! Il faut par tous les moyens stopper la déforestation qui contribue pour 20% au rejet des gaz à effet de serre et donc à l’accélération des dérèglements climatiques mondiaux...
Depuis son implantation en Novembre 2008, Greenpeace a déjà contribué à la préservation de 10 millions d’hectares de forêts, soit l’équivalent de l’Islande en maintenant la pression auprès du gouvernement Congolais afin d’annuler des contrats avec de grands groupes forestiers.
Jusqu’à un quart des émissions totales mondiales de gaz à effet de serre est imputable à la déforestation tropicale, souvent en vue d’une transformation en pâtures ou terres agricoles. On estime que d’ici à 2050, la déforestation en République démocratique du Congo (RDC) pourrait libérer jusqu’à 34,4 milliards de tonnes de CO2, soit à peu près l’équivalent des émissions de CO2 du Royaume-Uni au cours des soixante dernières années. La RDC risque de perdre plus de 40 % de ses forêts...
415 espèces de mammifères, 11 000 espèces de plantes, 1 117 d’oiseaux et près 1000 de poissons d’eau ont été recensés pour la seule RDC. Éléphants de forêt, gorilles, bonobos et okapis sont parmi les espèces les plus emblématiques de cette extraordinaire biodiversité. Ces forêts sont aussi le cadre de vie de centaines de centaines de milliers d’habitants des communautés « pygmées » et jouent un rôle essentiel dans l’équilibre du climat.
Wengé, afromosia, sapelli, iroko... Le butin de ce pillage se retrouve en partie dans nos magasins et sert à construire nos parquets, fenêtres ou escalier. La France est le 1er importateur européen de bois d’Afrique centrale.
Les solutions existent : mise en place d’aires protégées, promotion d’usages moins destructifs de la forêt, mais la volonté politique se fait attendre...
WWF, les Amis de la Terre (Friends of the Earth) et Greenpeace unissent leurs efforts, au niveau européen et français, pour obtenir une loi ambitieuse garantissant que seul du bois d’origine légale entre sur le territoire européen. Les députés du parlement européen et les ministres qui participeront au Conseil de l’Agriculture, respectivement le 23 avril et en juin, devront se prononcer sur les recommandations de la commission environnement du Parlement.
En savoir + : Le pillage des forêts du Congo (Rapport Greenpeace)
Huile de palme contre biodiversité, mobilisation inédite en Côte d’Ivoire
Publié : 17/03/2009 - http://www.developpementdurable.com
La Côte d’Ivoire se mobilise pour sauvegarder la forêt et ses singes contre un projet de plantation industrielle pour la fabrication d’huile de palme.
Premier pays producteur au sein de l’Union économique et monétaire ouest-France, l’engouement pour la protection de la biodiversité est pour le moins inédite contre une industrie qui contribue pour plus de 50 milliards de FCFA au Produit Intérieur Brut.
Débats et mobilisation autour du projet Palmci
La mobilisation qui prend place en Cote d’Ivoire actuellement est inédite face au dernier projet de la société Palmci. Dans un environnement fragilisé par le recul de la biodiversité, la première société ivoirienne de transformation d’huile de palme, envisage la création de près de 8 000 hectares de plantations agro-industrielles. Ce projet engloutirait pas moins de 75 % de la superficie de la forêt affirme l’AFP. « La création plantations de palmiers à huile, en plus de causer la déforestation et la perte de la biodiversité, provoque d’énormes émissions de gaz à effets de serre », explique l’écologue André Djaha Koffi.
En face, les arguments économiques vont bon train. Ce projet permettra de « construire des infrastructures et va générer des revenus aux planteurs » étaye M. Tano, directeur de Palmci. La société dispose même d’un responsable développement durable qui en ajoute une couche « nous sommes pour le développement durable qui prend en compte la préservation de l’environnement pour les générations futures », explique Frank Eba.
Insuffisant pour rassurer les responsables du Programme de recherche et d’actions pour la sauvegarde des primates de Côte d’Ivoire. Ils ont décidé de poursuivre leur campagne de sensibilisation afin d’obtenir pour cette forêt, le statut de « réserve naturelle ‘volontaire’ gérée par les populations ».
300 000 hectares de forêt en moins chaque année
La forêt ivoirienne, a perdu plus de la moitié de son couvert végétal, ramenant les 16 millions d’hectares en 1960 de forêts, à 6 millions aujourd’hui. Cette perte annuelle d’environ 300 000 hectares de forêt est due à une « exploitation abusive » des industriels. Les pertes occasionnées proviennent essentiellement de choix de politiques économiques favorisant le déclassement des forêts protégées pour d’une part, la réalisation de plantations agro-industrielles extensives, et d’autre part, l’exploitation du bois pour la production de charbon ou le commerce des essences précieuses.
Recul irréversible de la biodiversité
La destruction de ces forêts entraine des pertes graves pour la biodiversité et engendre, non seulement, une disparition des plantes alimentaires de cueillette, de plantes médicinales mais aussi des animaux. Parmi les éléments de la biodiversité les plus menacés sur ce bloc forestier non protégé de 12 000 hectares, trois espèces de primates figurant sur la liste rouge des singes les plus menacés dans le monde, établi par l’Union internationale de conservation de la nature.
De plus, cette forêt « joue un rôle écologique irremplaçable en terme d’absorption du carbone atmosphérique et de régulation du climat », explique le Dr Koné, coordinateur d’un programme de recherche et actions pour la sauvegarde des primates de Côte d’Ivoire. « L’exploitation agricole de cette forêt équivaudrait à l’explosion d’une ‘bombe à carbone’ », prévient M. Djaha Koffi.
Lire aussi:
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- Déforestation tropicale : les chiffres, sans langue de bois (1er partie)
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L'avancée de la forêt nuit au tétras lyre
26 mars 2009 - JEAN-YVES GABBUD
http://www.lenouvelliste.ch/fr/news/valais/l-avancee-de-la-foret-nuit-au-tetras-lyre_9-136098
Tourisme hivernal, embroussaillement de son habitat de reproduction et déchets de pique-nique menacent aussi l'oiseau en Valais.
Les populations de tétras lyre sont en diminution en Valais. La pression du tourisme hivernal a, à juste titre, souvent été mise en avant pour expliquer ce phénomène. Un autre facteur doit également être pris en compte: l'avancée de la forêt et l'embroussaillement de son habitat de reproduction. Cet élément a été mis en évidence lors de l'assemblée générale de la société romande pour l'étude et la protection des oiseaux qui s'est tenue à Martigny.
Pression sur la nourriture
Bertrand Posse, le rédacteur de la revue «Nos oiseaux» explique dans un communiqué: «Le tétras lyre vit dans la zone dite de combat, au sein de la mosaïque de milieux que constituent la forêt subalpine, les pelouses et landes alpines. L'abandon du pâturage bovin au cours des dernières décennies a eu pour conséquence un embroussaillement marqué de certains pâturages: la lande à myrtilles, rhododendrons et genévriers a peu à peu recouvert les zones d'herbages.»
Cette modification de l'environnement a un impact sur les insectes qui constituent l'alimentation de base des jeunes tétras.
«Dans cette brousse ligneuse, l'alimentation des poussins de tétras n'est pas optimale, car les milieux les plus riches en nourriture, des insectes qui fournissent les protéines indispensables à leur croissance, sont justement plus fréquents dans les placettes herbacées qui régressent. Si le manque de nourriture se fait sentir, les poussins sont moins aptes à résister aux maladies ou aux intempéries.»
De la tranquillité
Les protecteurs des oiseaux demandent l'introduction de plusieurs mesures pour protéger les tétras lyre.
A leurs yeux, il est important que des zones de refuge hivernal soient créées pour le tétras lyre. Ce dernier constitue «l'espèce de la faune alpine pâtissant le plus du dérangement hivernal», puisque son habitat se concentre dans les régions utilisées pour les sports d'hiver.
Autre demande: que la chasse soit bannie des zones de tranquillité «pour que les tétras n'assimilent plus les êtres humains à un danger potentiel» et évitent ainsi de fuir inutilement à leur approche.
Le danger des pique-nique
Il est également demandé aux promeneurs de ne plus abandonner les restes de pique-nique en altitude, des restes qui attirent corbeaux et corneilles.
Ces oiseaux constituent d'ailleurs une importante source de nuisance pour les populations de tétras lyre, puisqu'ils sont des prédateurs des couvées de tétras.
Réunion : mobilisation pour sauver la forêt semi-sèche
Le Journal de l’Ile, La Réunion, le 21 02 09
UICN Outre-mer
Lorsque l’homme pose pour la première fois le pied sur notre île, la forêt semi-sèche couvre, entre 150 et 800 m d’altitude sur la côte sous le vent entre Saint-Denis et Saint-Pierre par l’Ouest, 56 800 ha. Aujourd’hui, il ne reste que 1% de la surface originelle dont 260 ha sur le site de la Grande-Chaloupe, l’autre station importante se trouvant dans Mafate au cœur du Bras-des-Merles. Le Conservatoire botanique de Mascarin y a recensé 455 espèces dont 55 déterminantes pour leur valeur patrimoniale. Ce qui reste de la forêt semi-sèche réunionnaise est sans équivalent dans l’archipel des Mascareignes.
Dans le cadre de son outil financier “Life +” biodiversité, l’Union européenne a financé en novembre dernier un grand projet de restauration de la forêt à la Grande-Chaloupe, à hauteur de 2,6 millions d’euros sur cinq ans. Ce projet associe le Parc, la Région, le Département, la Diren et le Conservatoire du littoral. Il s’agit d’une part de restaurer et de protéger durablement 30 hectares, mais aussi de recréer entièrement le milieu originel sur 10 hectares de parcelles aujourd’hui disparues. La démarche est donc totalement innovante, puisque c’est la première fois au monde qu’une telle reconstitution ex-nihilo sera réalisée, grâce à des techniques très pointues et évidemment encore expérimentales. “Cela impliquera de créer une pépinière de plantes rares. Celles-ci ne seront pas arrosées et devront résister au stress. La recréation est une course contre-la-montre face aux espèces envahissantes”, explique Olivier Robinet, directeur du parc.
Le projet, qui s’étalera de 2009 à 2013, aura valeur de test pour d’autres îles comme Hawaï, la Calédonie ou Maurice, en proie à la même problématique. Sur l’enveloppe de compensation tram-train de la Région (1,5 million d’euros), une partie sera affectée à la lutte contre la liane papillon. En janvier dernier, le comité de pilotage du programme conservation restauration et reconstitution des habitats semi-xérophiles (semi-secs) du massif de la montagne sur l’île de la Réunion (COREXERUN) a engagé un chef de projet, Pascal Truong. Le parc national assurera la coordination et une charte est en cours d’élaboration. Cette année verra le recensement de l’ensemble des acteurs et des travaux réalisés sur le site afin de déterminer les stratégies de reconstitution. Parallèlement, le conservatoire du littoral poursuivra sa politique d’acquisition foncière sur le site de la Grande-Chaloupe. Dès cette année, la récolte et le stockage des semences ainsi que l’amorce des opérations de restauration seront lancés. En septembre prochain, la Commission européenne viendra valider le projet, et au terme des cinq ans, un plan sera établi afin d’assurer la pérennité des actions menées sur la forêt semi-sèche de la Grande-Chaloupe.
Par Alain Dupuis
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